AUTEURE

EN VERS

Tu seras une femme

Quand tu t’aimeras toi-même sans complaisance,

Quand tu regarderas autour de toi avec confiance,

Pour le simple plaisir de voir,

Non pour te rassurer d’avoir.

Quand tu parleras haut et fort

Sans chercher à couvrir tes torts,

Quand tu ne dissocieras, ni la vie de la mort.

Ni l’âme prisonnière du corps.

Quand demain ne sera ni crainte, ni promesse,

Quand hier ne sera ni regret, ni maladresse.

Quand aujourd’hui sera tout ou rien

Que l’instant sera tout à fait plein,

Et que la durée ne sera, tout au plus, qu’un petit rien.

Quand le sourire sera ton plus grand art,

Quand le rire sera ton seul rempart,

Quand ta colère ne sera qu’indignation,

Quand ton crâne ne sera qu’imagination,

Que la peine ravalée ne sera que beauté,

Et que la joie même sera son aînée.

Qu’enfin la colère et la haine seront peccadilles.

Alors, tu seras délivrée de l’homme, ma fille. 

Aspirations de vie

Pour savoir de quoi est faite une vie,

Pour connaître son motif et son but,

Découvrir le pourquoi de nos soucis,

Et de la peur qui nous persécute,

Faut-il lire tous les livres et manuels,

Inlassablement, tourner les pages,

Et s'augmenter des discours des sages,

Où tous les paradoxes s’entremêlent ?

Ou faut-il plutôt se laisser vivre ?

D'amitiés et d'amour être ivre,

Voir tous les plaisirs et les contraintes,

Créer les hymnes et les complaintes ?

Sous toutes les formes artistiques,

Crier et louer le don de la vie,

Et tout ce qui sur Terre nous est permis,

De la vile horreur au fantastique ?

Devons-nous nous découvrir et aimer,

Comprendre les fondements de l'âme,

 Y ajouter de nombreuses qualités,

Et de nos défauts, faire le blâme ?

Fonder une famille est-ce un devoir ?

Trouver la personne et puis nous unir,

S'aimer pour le meilleur et pour le pire,

Et en procréant, perdre tout pouvoir ?

L'autre monde

Je veux un aller-simple vers un monde ailleurs,
Je ne dis pas qu’il sera forcément meilleur,
Mais je souhaite un endroit où, dans le dos des gens,
L’on ne se permet rien qui soit un jugement.

 

Partir de cette Terre, pleine d’hypocrites,
Là où la fierté se fait toute petite ;
Elle pue le mensonge et n’assume rien,
Ni l’horreur des actes, ni le chaos qui vient.

 

Pour me dissuader, j’espère un miracle,
Qu’un jour, un évadé entre en action et chante,
Qu’il lave le monde, que sa diction l’enchante,
Que, par sa bouche, comme par celle d’un oracle,
Ses mots touchent en nous la parcelle qu’il faut suivre
Nos cœurs cachés sous leurs couches, vibrant à l’air libre.

A une chère Tortue

Du cadeau que je te dois, ma plus belle plume

Qui du phénix de ces bois n’envie le plumage,

Maître Corbeau peut bien taire son ramage,

J’écris ceci : « Dissipe donc ta brume ! »

 

Comme la forêt derrière les branchages,

Tu te caches sous un amas de dunes,

Voilant la mélancolie de la lune,

Dissimulée derrière d’épais nuages.

 

Ne vois-tu pas que cela importune

Le plus profond de ton âme ? Ta nature,

Si sûre source claire, belle eau pure,

 

Est une force qui meurt sans espace,

Elle cherche l’air pour jaillir, plus qu’aucune,

Et s’étouffe sous ta lourde carapace.

La prisonnière

Tous les jours que tu vis sont gris,

Parfois de brèves éclaircies ;

Les visites de tes amis,

 Le temps d'une courte après-midi,




Ils savent illuminer ta vie,

Au goût amer des médicaments,

Et de ces drogues que tu prends,

Qui t'emprisonnent encore l'esprit,




Quand certains courent après le temps,

Toi tu le laisses s'écouler,

            Tu rêves même de l'écourter...




Tu regardes inlassablement,

Ta montre qui semble se moquer,

De tes regards désespérés.

Le saut de l'ange

C’est à Bordeaux que tu es née,

Dans cette même ville où tu mourus,

Il y a plusieurs années,

Tu nous as quittés, dans ma rue.

 

L’automobiliste en tort,

Était sous l’emprise de l’alcool,

Avant de te donner la mort,

Une fin de journée d’école.

 

Propulsée au-dessus des toits,

En quelques secondes, l’hirondelle,

Fut mangé par l’oiseau de proie.

Il n’a gardé de toi, si belle,

Non pas ton corps mais ton âme,

Si pure et pleine de charme.

 

Je pleure des mots que j’ai dit,

A la mémoire de toi, Marie.

Et la poésie d’une amie,

Va par le vers donner la vie.

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